Je profite de l'occasion pour vous faire partager l'avis de la rédaction de Rap2K (que je partage presque totalement...) :
Avec « King », son 4ème album studio, T.I. s'est senti pousser des ailes. Rappel des faits : mars 2006, l'autoproclamé « King Of The South » sort son nouvel opus. Un mois plus tard, le disque s'était vendu à plus d'un million d'exemplaires. Le phénomène T.I. prit de l'ampleur et le MC voit défiler les liasses de dollars devant ses yeux. Ce succès le plaça immédiatement sur un piédestal vis-à-vis de ses homologues sudistes. Un an plus tard, il décida de sortir un projet baptisé « T.I. vs T.I.P. », regroupant deux facettes de sa personnalité : T.I. le businessman et T.I.P. l'homme des ghettos d'Atlanta. Pas peu fier de sa réussite de 2006, il se mit à comparer ce nouveau disque à « Ready To Die » et « All Eyes On Me ». Résultat des courses : il signa là son plus mauvais opus. Arrêté le 13 octobre 2007 pour possession illégale d'armes, il fut condamné à rester enfermé à son domicile jusqu'à son jugement. Ceci étant, le rappeur se mit à travailler corps et âme sur « Paper Trail », nouvel album annoncé dès sa libération.
Comme si cette peine lui avait remis les yeux en face des trous, T.I. annonce ce disque comme un retour à des choses plus crédibles, une sorte de rédemption. Peaufinant tranquillement son ½uvre chez lui, le rappeur choisit de recontacter DJ Toomp, oublié sur « T.I. vs T.I.P ». Le pétard mouillé que fut ce disque laisse à penser que le producteur réussit particulièrement au MC. Hypothèse validée à l'écoute des deux premiers singles. « No Matter What » et « Whatever You Like » démarrent en tête des charts et redorent quelque peu le blason bien terni de l'intéressé. Malgré le fait que ces titres ne soient pas produits par DJ Toomp, la qualité est là et les ventes le prouvent. En revanche, les retrouvailles entre T.I. et son producteur fétiche se font sur « I'm Illy », clin d'½il au « A Millie » de Lil Wayne. Nettement moins percutant qu'un « What You Know », ce morceau fait partie de ceux qui ne servent pas à grand-chose dans le tracklisting de Paper Trail. Dans le même registre, mon attention se tourne vers « What Up What's Haapnin » et sur « Swagga Like Us » ( feat Kanye West, Lil Wayne et Jay-Z ), titre qui fait selon moi beaucoup de bruit pour rien. L'auto-tune rend les couplets de Kanye West et de Weezy insupportables, heureusement que Jay Hova est là pour redresser la barre. D'ailleurs, je ne comprend pas pourquoi il souhaite reprendre ce morceau comme single de son prochain disque. Enfin bon... Quitte à critiquer ce qui doit l'être, autant parler tout de suite de « Live Your Life » (feat Rihanna). Quelle mouche a bien pu piquer Just Blaze pour qu'il désire sampler le groupe O-Zone ? Non, vous ne rêvez pas ! A la cinquième piste du cd, c'est bel et bien le début de « Dragosta Din Tei » que vous entendez. Renommé « Live Your Life » pour l'occasion, le morceau est aussi abominable que l'original. Il y a parfois des choses qui m'échappent avec les rappeurs, celle-ci en fait partie. Et après ils imaginent sortir des classiques.
Voilà en quelques mots les raisons qui ne feront pas de « Paper Trail » le meilleur album de T.I. Place maintenant au positif.
Un détail semble évident à la première écoute : ce projet est clairement meilleur que « T.I. vs T.I.P ». D'autre part, ce disque réussit là où « King » avait échoué, c'est-à-dire sur le tempo et le style de l'½uvre. Davantage de titres posés comme « Slide Show » (feat John Legend) permettent de faire des breaks parmi les bangers et les multiples singles potentiels. T.I. joue plus sur le calme, la réflexion et le retour sur soi. L'exemple étant les excellents « You Ain't Missin Nothing » et « Dead and Gone » sur lequel le MC rappe à la Twista. Le flow de l'artiste justement est un autre atout de cet opus. Toujours aussi habile en la matière, Clifford Harris, de son vrai nom, jouit une fois de plus de cette capacité à faire varier l'intonation, la vitesse et la puissance de son phrasé. Sur « 56 Barz », titre d'entrée du disque, T.I. débite quasiment à la Young Jeezy tandis que sur « Ready For Whatever », son flow est nettement plus soutenu et accrocheur. Autre grand moment à souligner, « Top Of The World » (feat. Ludacris et B.o.B.). Vous souvenez-vous des rapports qu'entretenaient T.I. et Ludacris ces dernières années ? Le beef qui les unissait depuis longtemps avait été laissé en suspend depuis les problèmes récents de T.I. Comme en atteste cet agréable morceau, la hache de guerre est définitivement enterrée. Concernant les autres invités, seul Swizz Beatz n'a pas été évoqué. Il est à la fois à la production et au mic sur le gros banger « Swing Ya Rag », très bon dans le genre.
Que dire de plus sur ce « Paper Trail » si ce n'est qu'il est clairement meilleur que son prédécesseur ? Sur ce projet, on sent que T.I. a travaillé sérieusement afin de revenir à un niveau correct. Même si tout n'est pas parfait comme le prouve le honteux « Live Your Life », le MC arrive à se faire pardonner quelque peu. Pardonner dans le sens musical du terme, car au niveau judiciaire je doute que ces prochains jours ne lui soient favorables. Puis en ce qui concerne son statut de « King Of The South » acquis en 2006 après le succès de « King », il faudra attendre la sortie du nouvel album de Ludacris pour en décider. Espérons que cette petite claque judiciaire ait remit notre MC dans le droit chemin, mais à priori, T.I. est sur la bonne voie. Comme quoi, quelle que soit notre situation, il faut toujours garder la tête froide et les yeux en face des trous, même si l'on vend un million d'albums en un mois. Peut-être est-ce plus facile à dire qu'à faire, n'est ce pas Monsieur Harris ?